Toxine Botulique

Toxine Botulique.

Qui à l’heure d’aujourd’hui ne connait pas la toxine botulique, ou plus communément appelée par son nom commercial, Botox®?

Ne regardez pas autour de vous, personne ne risque de lever la main au risque de paraître ringard!

Mais pensez-vous en avoir entendu parler correctement? J’en doute. Quotidiennement, j’entends des explications totalement mensongères sur le sujet. On nomme cette toxine, la toxine de jouvence comme si elle avait le pouvoir de vous garder jeune plus longtemps! Je suis toujours un peu scandalisée d’entendre : « J’AIME SAVOIR QUE JE RETARDE LE VIEILLISSEMENT DE MON VISAGE ! », suite à une série d’injection. Parce qu’en réalité, cette toxine risque d’accélérer le vieillissement de votre peau si vous commencez trop tôt, en plus de l’importante accumulation de tissu cicatriciel si vous le faites 2 fois par année, comme recommandé. La toxine botulique reste encore à ce jour, l’un des poisons les plus violents connus. Même si les doses utilisées à visée thérapeutique ou cosmétique sont trop faibles pour causer des troubles, il existe toutefois des cas de botulisme iatrogénique, à la suite d’accident (erreur de dosage) ou de surdosage de produits non homologués.

Remontons un peu dans l’histoire afin de comprendre comment la toxine botulinique est devenue aussi populaire depuis quelques années.

La première toxine botulique a été découverte en 1970, lors de l’étude d’un cas de botulisme chez un enfant. Mais son utilisation médicale et esthétique ne débuta que dans les années 1980 où elle fut d’abord utilisée dans de rares cas de maladie telle que la dystonie qui frappe certains points du corps comme le cou, on parle alors de torticolis spasmodique et les paupières (blépharospasme). C’est de cette manière, que le Dre Jean Carruthers (ophtalmologiste) traitant une patiente pour blépharospasme, constata une atténuation des rides de la patte d’oie (glabelle). Cet effet inattendu lui donna envie de poursuivre ses recherches avec son époux qui était dermatologue, le Dr Alastair Carruthers, et c’est ainsi que l’application esthétique de la toxine botulique fut découverte par hasard à la fin des années 1980. Ensuite, aux États-Unis, l’utilisation esthétique de la toxine botulique est devenue un véritable phénomène de société qui a fait la fortune du laboratoire Allergan qui le commercialise. D’autres appellations commerciales sont le Dysport (Laboratoire Ipsen), le Vistabel, Bocouture et Xeomin.

On utilise également aujourd’hui cette toxine pour traiter les problèmes de transpiration excessive (hyperhidrose) et de bavage (hypersialorrhée) grâce à l’action de la toxine sur les récepteurs du réseau parasympathique.

Parlant de récepteur, comment fonctionne la toxine botulique? En fait, elle agit en inhibant la libération de l’acétylcholine au niveau de la plaque motrice du muscle et au niveau du système nerveux parasympathique. Plus précisément, elle intervient au niveau de la fusion des vésicules d’acétylcholine avec la membrane de la cellule nerveuse en agissant sur le complexe SNARE. Le complexe SNARE permet la fusion entre la vésicule et la membrane présynaptique. Ainsi, les récepteurs à acétylcholine des cellules musculaires restent vides et les muscles n’entrent pas en contraction, ce qui provoque une paralysie flasque. Mais qui dit paralysie, dit atrophie musculaire quasi complète sur le long terme. Avez-vous déjà passé quelques semaines dans un plâtre? Moi oui, et lorsque mon mollet en est ressorti, il était tout petit, raccourci et très raide. J’ai dû faire des mois de rééducation afin de retrouver la force complète du muscle de mon mollet. Dites-moi, qui amène ses rides du lion au gym? Personne! Mais vous devriez. Il commence à y avoir des études très intéressantes qui démontrent des résultats avec… du yoga facial.

La contraction musculaire est très importante pour le maintien de la qualité et du fonctionnement des différents tissus du corps. Pour la peau, ça signifie principalement un apport nutritionnel. Puisque l’épiderme ne contient pas de vaisseau sanguin, il réussit à survivre par la diffusion des nutriments des vaisseaux sanguins du derme vers l’épiderme. Alors, il est fondamental de maintenir le plus longtemps possible l’ancrage entre l’épiderme et le derme qui se fait via la jonction dermo-épidermique. Afin d’entretenir sa vigueur, il faut entretenir le fonctionnement des fibroblastes qui sont responsables de son entretien, tout comme ils sont responsables de la fabrication de la matrice extracellulaire du derme. Et comment le corps apporte le sang dans les tissus? Par contraction musculaire! Ce qui signifie que si les muscles de nos rides d’expression -les injections de Botox® agissent uniquement sur les rides dynamiques, ou rides d’origines musculaires, telles que les rides dites du Lion (muscle corrugator et pyramidal), le muscle frontal et les fibres externes du muscle orbiculaire (rides dites de la patte d’oie) – s’atrophient trop jeune, par exemple dans la vingtaine, notre peau à cet endroit vieillira plus rapidement par manque de stimulation musculaire et d’apport nutritionnel. Donc au lieu de vous aider à vous garder jeune, il fera tout le contraire. Ne soyez pas trop pressé d’y avoir recours parce que ça ne préviendra pas l’apparition de rides qui n’existe pas ENCORE, mais plutôt accélèrera le vieillissement de toute votre peau dans cette zone. Je trouve ça un peu triste que nous soyons en train de ruiner le visage de milliers de jeunes nord-américains pour l’appât du gain, tandis qu’il existe maintenant plusieurs belles alternatives en cosmétologie.

Je vous entends me demander, mais lesquelles? Je vous en présente quatre aujourd’hui.

Parce que je prône toujours qu’on commence par des options temporaires via les crèmes avant de passer aux méthodes invasives, soit pour en voir l’effet avant de passer aux aiguilles ou pour maintenir plus longtemps l’effet de vos injections afin d’espacer celles-ci et de prévenir trop rapidement une accumulation importante de tissu cicatriciel dans une si petite surface de peau. La toxine botulique étant administrée via des aiguilles, elles créent à chaque visite un cordon de tissu cicatriciel. Il est certes petit, mais imaginez si vous le faites 2 fois par année sur 20 ans. Cela signifiera 40 injections donc 40 cordons de tissu cicatriciel sur un centimètre carré de peau, si l’on parle seulement de la zone des rides du Lion entre nos sourcils. Ce nombre est déjà très important! Si vous avez commencé à 25 ans, cela veut dire qu’à 45 ans vous aurez presque atteint une saturation dans cette zone. Tandis que la quarantaine est le meilleur moment pour commencer puisque les rides d’expression ont commencé à rester visible même au repos. Vous serez peut-être obligé d’arrêter et votre peau sera toute flasque à cet endroit. Ça ne risque pas d’être très joli et jusqu’à maintenant, nous n’avons pas encore développé de traitement pour réparer ces effets secondaires.

Le plus gros problème, c’est que nous n’avons aucun recul sur l’utilisation prolongée de cette toxine au visage, donc, aucune solution si la situation tourne mal. Nous n’avons qu’UN SEUL VISAGE et il est précieux. On voit de plus en plus des affaissements d’un seul côté du visage, des yeux qui n’ouvrent plus complètement, des sourires qui tombent, coins des lèvres qui descendent au lieu de remonter, et parfois donne même des troubles d’élocution.

Alors, parlons ingrédients cosmétiques.

Le premier peptide développé pour les rides d’expression porte le nom d’Argireline® (INCI: Acetyl Hexapeptide-8). Vous vous rappelez que nous avons parlé plus haut du complexe SNARE et bien l’Argireline® a été conçue pour agir sur le mécanisme présynaptique afin de réduire la contraction conduisant à la formation des rides d’expressions. Ce peptide est la réplique de l’extrémité N-terminale de SNAP-25, qui entre en compétition avec cette protéine naturelle pour se positionner dans le complexe SNARE, en déstabilisant sa formation, sans en briser aucune de ses composantes. Si le complexe SNARE est légèrement déstabilisé, la vésicule ne peut pas libérer efficacement les neurotransmetteurs. Par conséquent, les muscles sont détendus plutôt que paralysés, ce qui diminue la formation de rides et de ridules.

botox vs argireline

 

Ainsi, l’Argireline® cible le même complexe protéique que la toxine botulique A, à savoir la modulation de la contraction musculaire. Ainsi, cet ingrédient est un actif plus sûr qui a démontré son efficacité pour déstabiliser le complexe SNARE, réduire la formation de rides, minimiser leur profondeur, le volume et la longueur des rides d’expression existantes in vivo, ainsi que la rugosité de la peau.

 

 

Un autre exemple, obtenu par un allongement du célèbre hexapeptide Argireline®, est un octapeptide appelé SNAP-8 (INCI: Acetyl Octapeptide-3). Ces mêmes études, qui nous ont apportés l’Argireline®, ont maintenant été appliquées pour ajouter un complément à la famille de peptides inspirée de la toxine botulique. Celui-ci imite également l’extrémité N-terminale de SNAP-25 qui rivalise avec SNAP-25 pour une position dans le complexe SNARE, modulant ainsi sa formation. Mais SNAP-8 est légèrement moins efficace que l’Argireline®.

Un peptide plus récent, développé par une société espagnole, est appelé peptide BoNT-L (INCI: Palmitoyl Hexapeptide-19). Comme vous pouvez le constater, les peptides sont parfaits pour créer un traitement efficace similaire au Botox®. Ce peptide inactive le complexe SNAP-25 du complexe SNARE. Il empêche la fusion des vésicules remplies d’acétylcholine avec la membrane plasmatique. La conséquence est la prévention de la libération d’acétylcholine dans la fente synaptique, entraînant un relâchement musculaire. Zones qu’il peut traiter : zone horizontale du front (rides du penseur), plis de la ligne latérale périorbitale (pattes d’oie), rides du front glabellaire, rides de la lèvre supérieure, plis de l’enfant (cou de dinde) et plis du décolleté.

Le petit dernier, qui n’est pas cette fois un peptide, s’appelle la Gatuline®Expression. Il a été développé à partir de l’Acmella oleracea (INCI), également appelée «Mafane», une petite fleur jaune traditionnellement utilisée comme plante médicinale, et qui présente des propriétés anesthésiques naturelles (principalement à Madagascar et dans les îles Mascareignes). Le Spilanthol, trouvé dans cette fleur, un alkylamide, a été montré comme étant la molécule apportant l’activité myorelaxante à cet ingrédient. Il lutte efficacement contre l’apparence des rides d’expression et lisse visiblement la surface de la peau. Les contours des yeux et des lèvres sont redessinés rapidement et efficacement. Mais le plus surprenant, c’est qu’il est approuvé par la certification ECOCERT/COSMOS. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, nous sommes même capables d’avoir une efficacité marquée sur les rides d’expression en produit cosmétique naturel!

J’espère vous avoir donné le goût de chercher des méthodes alternatives afin de conserver la santé et la vitalité de votre peau le plus longtemps possible.

N’oubliez pas que nos rides d’expression sont principalement le  »poids » de nos émotions. Elles expriment notre parcours de vie. Vivez vos émotions et faite bouger votre visage, sans oublier une utilisation constante des crèmes solaires, et croyez-moi, votre visage restera, sous ces circonstances, jeune plus longtemps!